Parcours
Oeuvres
"La Peinture est une manière d'Etre, la tentation de respirer dans un monde irrespirable"
Jean Bazaine
Né à Paris en 1957 dans le quartier du Montparnasse où il a grandi et esquissé ses premiers croquis avant d'entrer aux Beaux-Arts de Toulouse.
S'il est célèbre pour ses Elégantes , Clauzade nous montre ici un univers plus intimiste , celui de ses esquisses : des Nus, réalisées sans modèles, à main levée , à la gouache .
Le corps, le bleu et la liberté du geste
Dans ces œuvres, le corps féminin se révèle à travers la force du geste et l'intensité du bleu. La couleur, loin de chercher à reproduire fidèlement le réel, devient un langage à part entière. Elle dessine, structure et anime les silhouettes, affirmant sa présence avec une liberté qui évoque l'univers de Henri Matisse.
Cette référence se manifeste autant dans le choix d'une couleur franche et lumineuse que dans la spontanéité du trait et la simplification des formes. Comme chez Matisse, il ne s'agit pas de tout décrire, mais de saisir l'essentiel : une courbe, une attitude, un mouvement. Le corps est ainsi libéré des contraintes de l'anatomie académique pour devenir une forme expressive, presque musicale, portée par le rythme de la ligne.
Dans les Petits nus bleus, la figure repliée sur elle-même dégage une impression d'intimité et de concentration. Le bleu enveloppe le corps, tandis que les réserves blanches ménagent des respirations et font émerger la lumière. Le geste, à la fois vigoureux et sensible, donne à la silhouette une présence immédiate.
Avec Baigneuses, cette liberté s'ouvre à l'espace et au mouvement collectif. Les corps s'inscrivent dans le paysage par de larges lignes courbes, tandis que le bleu dialogue avec la clarté du sable et de l'horizon. La scène semble saisie sur le vif, dans une spontanéité qui privilégie la sensation à la description.
Au-delà de cette parenté avec Matisse, ces peintures affirment une expression personnelle, fondée sur l'énergie du pinceau, l'audace de la couleur et la recherche de l'essentiel. Le bleu n'est plus seulement celui des corps : il devient une émotion, une respiration, une manière d'habiter l'espace.